1/ Le Concept NGN “Next Generation Network”

Le concept de rĂ©seau NGN se dĂ©finit par son architecture. Il s’agit d’une nouvelle architecture de rĂ©seau de communication. Le principe est d’utiliser les technologies de transport en mode paquet, rĂ©servĂ© jusqu’alors pour les donnĂ©es, pour transporter l’ensemble des services de communications Ă©lectroniques. Les infrastructures de communications Ă©lectroniques deviennent des vĂ©ritables plateformes de distribution de services de bout en bout. Le NGN propose des fonctions de service qui sont indĂ©pendantes des technologies utilisĂ©es pour le transport.

Cependant NGN n’est pas forcĂ©ment utilisĂ© de façon gĂ©nĂ©rique, on parle plus de « rĂ©seaux convergent », « converged Networks ».

Plus en amont, les NGN prĂ©sentent l’aboutissement d’une convergence entre le monde des rĂ©seaux tĂ©lĂ©coms et celui de l’informatique. D’un cotĂ©, les traditionnelles tĂ©lĂ©communications offrant des services de type poste Ă  poste et conversationnels, de l’autre, l’informatique qui met en Ɠuvre des services de type requĂȘtes/rĂ©ponses Ă  des serveurs externes au rĂ©seau ne faisant appel rĂ©ellement Ă  celui-ci que pour des fonctions de transfert de donnĂ©es.

Aujourd’hui, la diversitĂ© des flux de trafic issue des diffĂ©rents rĂ©seaux tĂ©lĂ©coms existants (rĂ©seaux haut-dĂ©bit, rĂ©seaux radio mobiles), la difficultĂ© de partager des ressources dans un contexte multiservice et muti rĂ©seaux (GPRS, UMTS, DVB-T, 
) complexifie les modĂšles Ă©conomiques et favorise la transition vers un rĂ©seau convergent, unique, IP et multiservice. Les rĂ©seaux mono-services sont appelĂ©s Ă  disparaĂźtre.

A titre d’exemple pour la VoIP, l’objectif de dĂ©ploiement de services multimĂ©dia impose le recours au protocole SIP (Session Initiation Protocol) pour les rĂ©seaux fixes et mobiles ; SIP est le protocole de signalisation qui devient dominant pour la voix sur IP (deux autres standard existent cependant : H.323& et MGCP).

Les rĂ©seaux de nouvelles gĂ©nĂ©rations permettent d’offrir tous types de service : requĂȘte/rĂ©ponses, conversationnels, message passing, publication / abonnement, fournis par des acteurs indĂ©pendants du rĂ©seau, audiovisuel... C’est pourquoi il convient de repenser les architectures proposĂ©es pour les rĂ©seaux tĂ©lĂ©coms (rĂ©seaux mobiles, rĂ©seaux programmables), et pour les rĂ©seaux informatiques (H323, SIP) de sorte Ă  permettre cette offre multiservice. L’on parle dĂ©sormais de la norme ‘ultime’ : IP Multimedia Subsystem (IMS). « IP » car basĂ© sur un rĂ©seau de transport IP, « MultimĂ©dia » car gĂ©rant toutes les sortes de flux : voix, donnĂ©es, vidĂ©o, messages etc.. « Subsystem » car constituant la partie - centrale - du rĂ©seau. ( Voir l'article de Tanneguy RAMIERE de FORTANIER, Adoption de l’IMS : qui veut la peau des anciens standards ? sur ce blog).

C’est par ailleurs cette offre qui pousse l’adoption d’un nouveau standard pour l’IP (le protocole d’Internet),IPV6, car le dĂ©veloppement de nouveaux services et l’apparition de nouveaux services accĂ©lĂšre la pĂ©nurie des adresses IP.

2/ Le renouvellement de problématiques connues

L’apparition des NGN renouvelle des problĂ©matiques bien connues : accĂšs, interconnexion, qualitĂ© de services (QoS), services universel, rĂ©gulation de la concurrence


Pour prendre quelques exemples, le dĂ©ploiement des rĂ©seaux fixes et mobiles sur la technologie IP soulĂšve des problĂšmes d’interconnexion de rĂ©seaux hĂ©tĂ©rogĂšnes. Des passerelles permettent aujourd’hui la transition des deux monde, IP & PABX par exemple, mais l’interconnexion de tels rĂ©seaux donnera lieu Ă  des points de contentieux certains.

L’interconnexion des infrastructures hĂ©tĂ©rogĂšnes permet rĂ©aliser un grand rĂ©seau de tĂ©lĂ©communication dont les technologies d’accĂšs sont hĂ©tĂ©rogĂšnes (filaire, sans fil).

En filigrane de ce nouvel espace multimĂ©dia unifiĂ©, L’on voit d’ici venir les discriminations sociogĂ©ographiques au niveau de l’accĂšs Ă  un rĂ©seau NGN. Qui aura accĂšs Ă  ce rĂ©seau ? A quels coĂ»ts ? Pour quels services ?

Les NGN masque la technologie utilisĂ©e pour fournir des services tout Ă  fait variĂ©s. Comment par exemple, distinguer, ce qui dans ces services, sera universel
 et Ă  partir de quelle interface, avec quel dĂ©bit ?

Encore, cette offre de services convergents favorise les opĂ©rateurs intĂ©grĂ©s
. C'est-Ă -dire bien souvent les opĂ©rateurs historiques. Les autoritĂ©s (europĂ©ennes) ayant dĂ©cidĂ©es de segmenter les marchĂ©s, la tendance postule dĂ©sormais de ne pas trop segmenter les marchĂ©s Ă  peine d’en exclure de la rĂ©gulation et de permettre une remonopolisation par certains acteurs.

C’est d’ailleurs au service public de pallier l’atteinte Ă  la concurrence. Bien souvent prĂ©sentĂ©e comme garant de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral Ă  travers une jurisprudence administrative trĂšs cĂ©lĂšbre, l’action publique est en rĂ©alitĂ© un levier puissant destinĂ©e Ă  introduire de la concurrence. Doit-on envisager un service public pour permettre le dĂ©veloppement d’offres variĂ©es
 accessible Ă  un coĂ»t abordable.


. L’inventaire n’en est qu’a son dĂ©but et la fin d’une d'une rĂ©gulation des tĂ©lĂ©coms est une douce illusion