Du cĂŽtĂ© du marchĂ© : la poussĂ©e de la concurrence locale et mondiale sous l’effet de la mondialisation et de la dĂ©rĂ©gulation (ouverture des marchĂ©s locaux ) tĂ©lĂ©com force les constructeurs, et Ă  moyen terme les opĂ©rateurs Ă  raisonner et opĂ©rer Ă  l’échelle des marchĂ©s mondiaux avec des services toujours nouveaux. Il faut en effet trouver une alternative Ă  la baisse des prix : le tĂ©lĂ©phone fixe et maintenant mobile Ă©tant devenus des ‘commoditĂ©s’.

Les nouveaux entrants cĂŽtĂ© opĂ©rateurs, constructeurs ou Fournisseurs d’Application (Application Service Provider : ASP) ont intĂ©rĂȘt Ă  l’adoption du nouveau standard : il leur permet de combattre et d’explorer Ă  arme Ă©gales ce nouveau marchĂ© (green field). Les constructeurs entiĂšrement axĂ©s sur les Next Generation Networks (NGN) sont dĂ©jĂ  proche du standard (basĂ© lui aussi sur IP). Ils le seront d’autant plus s’ils ont dĂ©jĂ  pariĂ© sur SIP (par exemple Cirpack). Les Fournisseurs de services ou ASPs plus anciens (IBM, Cap Gemini..) peuvent rĂ©aliser avec l’IMS des Ă©conomies d’échelle importantes : leurs applications devenant multi-pays, multi-medias surtout chez leurs grands comptes de dimension internationale. Enfin, les anciens constructeurs tĂ©lĂ©com (Nortel, Ericsson, Alcatel ...), parce qu’ils pourront garder ‘captifs’ leurs anciens clients (notamment les opĂ©rateurs historiques) en proposant des passerelles (Gateways) et la migration adaptĂ©e ont aussi un intĂ©rĂȘt Ă  migrer vers IMS.

Les offres IMS sont dĂ©jĂ  lancĂ©es en vu de dĂ©ploiements tests chez les opĂ©rateurs. Les constructeurs et opĂ©rateurs ainsi entraĂźnĂ©s auront une longueur d’avance sur leurs concurrents, mais le stade n’est pas encore au dĂ©ploiement massif : (voir les annonces chez : Alcatel , Nortel , Huawei , Ericsson : 25 contrats / trials IMS , Nokia , Lucent , Siemens : 30 trials IMS ...). Dans cette phase, l’existence de terminaux grand publique purement IMS manque encore et freine l’extension du standard.

En revanche, les opĂ©rateurs peu Ă©volutifs ou ‘cloisonnĂ©s’ (uniquement mobile ou fixe), les FAI ne s’étant pas diversifiĂ©s vers la tĂ©lĂ©phonie peuvent craindre, avec l’IMS, l’arrivĂ©e d’acteurs proposant des offres groupĂ©es (bundle) et qui prennent ainsi leurs parts de marchĂ©. Ceci a dĂ©jĂ  commencĂ© avec les offres groupĂ©es ADSL + TĂ©lĂ©phonie illimitĂ©e. De mĂȘme, les opĂ©rateurs / constructeurs ayant lourdement investi dans des infrastructures de tĂ©lĂ©phonie Mobile 2.5G (GPRS / EDGE) ou 3G (on se souvient du prix exorbitant de ces licences en France) ne pousseront immĂ©diatement pas vers ce standard. Bien que ces rĂ©seaux soient rĂ©utilisables, l’IMS captera une partie de leurs bĂ©nĂ©fices et nĂ©cessitera aussi de nouveaux investissements. Leur but sera donc au moins de repousser l’adoption gĂ©nĂ©ralisĂ©e du standard. Les tenants de protocoles diffĂ©rents, par choix technique ou stratĂ©gique, n’ont pas un intĂ©rĂȘt immĂ©diat dans l’adoption d’une architecture articulĂ©e autour de SIP qui rendrait obsolĂšte ou en tous cas plus difficilement interoperable leurs solutions.

Du cĂŽtĂ© des groupes de standardisation : C’est le Thrid Generation Partnership Project 3GPP) un organisme qui maintient les standards de tĂ©lĂ©phonie Mobile existant (GSM, GPRS, Edge ...) et a spĂ©cifiĂ© le standard 3G / UMTS ( qui correspond Ă  la « 3GPP Release 99’ ») qui spĂ©cifie l’IMS. « organisation partenaires » : les grands organismes de normalisation : ETSI pour l’Europe, ATIS pour les Etats-Unis, ARIB et TTC pour le Japon, CCSA pour la Chine et TTA pour la CorĂ©e. Il y a ensuite des « Partenaires reprĂ©sentant du marchĂ© » : les forums de discussion et normalisation des grandes normes : GSM, IPV6 Forum , UMTS Forum, 3G America. Il y a enfin des « Observateurs », la Telecommunications Industrie Association (TIA) regroupant la plus part des constructeurs (Cisco, Alcatel,... ).

Quelle force ont les spĂ©cifications de 3GPP? il semble qu’aprĂšs plusieurs annĂ©es de mĂ»rissement la ‘mode’ soit lancĂ©e et ‘tout le monde’ parle de l’IMS, c’est ce qui est pointĂ© dans l’article ‘IMS indicators’ mentionnant son succĂšs lors du salon Supercomm 2005. Juste une mode ? Ce succĂšs Ă  des fondations plus anciennes : les premiĂšres spĂ©cifications datent de 7 ans dĂ©jĂ  (1998). De plus, tous les grands constructeurs font Ă©tat de solution IMS ou compatibles et un certain nombre le testent cette annĂ©e (voir paragraphe plus bas : ‘ Adoption du Standard’). Du cĂŽtĂ© des autres organismes de standardisation, on a vu qu’un certain nombre – et non des moindres, comme l’ETSI, Ă©tait associĂ© Ă  3GPP, de plus, un travail collaboratif s’est crĂ©Ă© autour de ce standard, comme l’évoque le MultiService Forum MSF dans le Livre Blanc : l’IMS Reconciliation White Paper : » le standard 3GPP / IP Multimedia SubSystem (IMS) s’est rapidement imposĂ© dans l’industrie comme une base d’architecture de fait pour les architectures de services convergent au niveau mondial et des variantes de ce standard sont adoptĂ©es par la plus part des organismes de l’industrie ».

Nous voyons donc que la marche vers l’IMS semble ĂȘtre irrĂ©versible. Reste Ă  savoir combien de temps elle mettra ainsi que le contenu final. En effet, des amĂ©liorations restent Ă  venir (la release 7 est en marche) et certains correctif (support d’Ipv4 par exemple) restent Ă  rĂ©aliser. La vitesse et la facilitĂ© de migration et d’interconnexion sont aussi des inconnues. Suivre l’ensemble des avancĂ©es : spĂ©cifications, marchĂ©, migration permettra de prendre la rĂ©elle ampleur de la vague IMS.